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Trois militantes pour les droits des femmes : Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan et Samar Badawi

« Je ferai de toi ce que je veux puis je dissoudrai ton corps et le jetterai aux toilettes » (un responsable saoudien à une militante des droits humains détenue arbitrairement).

Le 15 mai 2018, les autorités saoudiennes ont lancé une vague d’arrestations contre des défenseurs des droits humains, surtout des femmes, mais quelques hommes aussi. Ces plus récents épisodes de répression contre les militants étaient d’une précision et d’une férocité sans précédent.

Il s’agissait aussi de la première fois que les autorités visaient les militantes féminines, arrêtant arbitrairement Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef et Eman al-Nafjan dans des raids nocturnes à leur domicile. D’autres arrestations ont suivi, visant Hatoon al-Fasi, Amal al-Harbi, Nouf Abdulaziz, Mayaa al-Zahrani, Nasima al-Sadah et Samar Badawi.

Depuis des années, ces femmes sont à l’avant-garde du mouvement pour les droits humains en Arabie Saoudite :

Loujain al-Hathloul, 29 ans, a été arrêtée en 2014 pour avoir tenté d’entrer en Arabie Saoudite à partir des Emirats Arabes Unis au volant d’une voiture, et encore en mars 2018 pour avoir assisté à une session du comité des Nations Unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF).

Aziza al-Yousef, professeure de sciences informatiques à la retraite, a été l’une des premières femmes à réclamer le droit de conduire pour les femmes et a mené des campagnes pour faire abroger les lois sur la tutelle masculine.

Eman al-Nafjan, professeure de linguistique, auteure d’un blog sur les droits des femmes depuis 2008 et militante dans la campagne pour donner le droit de conduire aux femmes, a été arrêtée en 2013, alors qu’elle filmait une femme en train de conduire.

Hatoon al-Fasi, 55 ans, professeure d’histoire, a participé activement aux campagnes pour donner le droit de vote aux femmes lors des élections municipales de 2005, 2011 et 2015.

Amal al-Harbi, est l’épouse du miiltant Fowzan al-Harbi, l’un des fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA).

Nouf Abdulaziz, écrivaine et productrice de télévision, a exprimé sur Twitter son soutien aux femmes arrêtées et défend fermement les prisonniers politiques saoudiens.

Mayaa al-Zahrani, militante et amie de Nouf, a été arrêtée après avoir publié un message de soutien à  son amie sur les réseaux sociaux.

Nasima al-Sadah a milité pendant plusieurs années pour les droits civils et politiques, les droits des femmes et les droits de la minorité chiite dans la province de l’est de l’Arabie Saoudite. Alors qu’elle voulait se présenter aux élections municipales de 2015, on lui a interdit d’y participer.

Samar Badawi, 37 ans, a été la première personne à intenter un procès pour le droit de vote des femmes et a milité dans la campagne pour donner le droit de conduire aux femmes. Elle a fait l’objet d’une interdiction de voyager en 2014 et a été arrêtée en 2016 pour son travail sur les droits humains.

Cette dernière vague d’arrestations est arrivée à peine quelques semaines avant le 24 juin 2018, jour de la levée de l’interdiction pour les femmes de conduire. Plusieurs mois après leur arrestation, on ne savait toujours presque rien sur leur sort. En octobre 2018, des témoignages ont fait surface décrivant des cas d’abus sexuel, de torture et autres formes de mauvais traitements, infligés par les représentants saoudiens sur ces militantes pendant les interrogatoires effectués depuis les arrestations arbitraires du mois de mai.  Ces témoignages ont été rapportés par l’ALQST, Human Rights Watch et Amnesty International.

Les détenues ont été torturées à maintes reprises par flagellation et électrocution. On les a battues sur la plante des pieds (un châtiment appelé falaka ou bastinado) et, fin octobre 2018, selon les témoignages obtenus, au moins trois de ces femmes montraient des marques visibles de torture grave et des paupières tuméfiées. Elles souffraient de tremblement et avaient maigri.

Elles ont été soumises à des abus sexuels et physiques. Elles ont été forcée de se déshabiller et ont été prises en photo alors qu’elles étaient nues. Au moins l’une de ces femmes a été victime de torture psychologique lorsqu’on lui a fait croire qu’un membre de sa famille était décédé. Une autre s’est fait répéter « mais qui est là pour te défendre et te protéger ? »

Soutenez les militantes saoudiennes

Au moins deux des femmes disent avoir vu Saud al-Qahtani dans les chambres de torture. Al-Qahtani, conseiller proche du Prince héritier Mohammed bin Salma, impliqué dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, aurait dit à au moins une détenue pendant qu’on la torturait : « je ferai ce que je veux de toi puis je ferai dissoudre ton corps et le jetterai aux toilettes ». Cette menace est un rappel sinistre du sort qu’on aurait réservé à Khashoggi.

Il est temps pour les autorités saoudiennes de rendre des comptes.

À la lumière de ces témoignages atroces, les militants et militantes saoudiens qui luttent pour les droits humains ont besoin de votre soutien.

Les autorités saoudiennes doivent immédiatement libérer ces militantes, sans condition, de même que toutes les autres personnes détenues pour avoir exprimé leurs opinions de manière pacifique ou pour leur action en faveur des droits humains.

Les autorités doivent permettre une enquête rapide, impartiale et efficace sur les allégations de torture qu’auraient subie ces militantes pour les droits des femmes.

Mais rien ne sera fait sans pression sur les autorités saoudiennes.

Vous pouvez vous engager en vous joignant à notre campagne ou en partageant une photo, une vidéo ou un message avec le hashtag #StandWithSaudiHeroes

Si c’est possible, exigez de votre député, sénateur ou autre élu, qu’il (ou elle) interpelle le gouvernement saoudien, pour que cesse la torture et que soient immédiatement libérées les militantes détenues.

Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan, Hatoon al-Fasi, Amal al-Harbi, Nouf Abdulaziz, Mayaa al-Zahrani, Nasima al-Sadah et Samar Badawi sont des femmes exemplaires.

 

Serez-vous à leur côté ? #StandWithSaudiHeroes

 

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2 thoughts on “ALQST lance une campagne qui vous invite à #StandWithSaudiHeroes”

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